Alors oui, tu es content pour lui. Mais la déglingue, c’est fini.

Déjà, quand il s’est maqué sérieusement, ça a mit un coup à votre histoire. Il a peu à peu arrêté de s’endormir tout habillé sur ton canapé, vous avez cessé de chiner des meufs ensemble…
Et puis, il s’est carrément installé avec elle. Ça aussi, ça a été un coup dur. Il s’est mis à se permettre des choses incroyables, comme interrompre brusquement une partie de FIFA pour lui répondre au téléphone avec une voix de canard improbable, ou à refuser des plans en mode : « Je peux pas, on se fait une soirée Games of Thrones avec Marie ce soir… »

Mais bon, tu ne t’es pas formalisé. Parce que c’est la vie, tant mieux pour lui s’il kiffe, après tout.
D’ailleurs, quand il t’as appris qu’il allait être papa, tu n’as pas bien réalisé ce que ça impliquait.
Et bien tout simplement la fin. La fin d’une époque.
Ce mec ne sera plus jamais la même personne.
D’abord, en terme de disponibilité. Lui qui ne se levait jamais avant midi, lui l’hypersomniaque cannabique, il va comprendre sa douleur. Faire un enfant est totalement chronophage et nuit complètement à la santé, tout le monde le sait. Les jeunes parents évoluent dans un mélange d’hyperactivité et d’épuisement permanent qui ne laissent aucune place aux loisirs.
En plus, il va s’embrouiller à mort avec sa meuf, ce qui le stressera encore plus. La baise, ce n’est pas pour tout de suite, mais les mesquineries pour savoir qui doit se lever en pleine nuit donner le biberon, elles, seront hélas quotidiennes.
Donc voilà, ton poto n’aura donc juste plus le temps, plus l’énergie, et donc plus vraiment l’envie de venir chiller avec toi. C’est moche.
Et puis, il va changer. De manière quasiment instinctive, ses priorités vont changer. Plus moyen de faire n’importe quoi, de perdre du temps, de se barrer à l’improviste, d’être à découvert. Il faut assurer. Le biff doit rentrer tous les mois, plus le choix.
Il va d’ailleurs devenir vaguement moralisateur, voir condescendant à ton égard.
Les « tu peux pas comprendre » ou « tu verras quand tu seras père » vont désormais ponctuer la plupart de ses propos. Quant à sa toute nouvelle et gênante mièvrerie (photos du nourrisson sur facebook, faire-part de naissance sur le mode « Bonjour je m’apelle Léon, je pèse 3,5 kg et ma maman va très bien !), tu ne préfères même pas y penser.
Et n’espère pas être parrain de la bestiole, pour ça il aurait fallu être sympa avec la mère durant les deux années écoulées.
Le plus dur dans tout ça, c’est que cette histoire est évidemment un miroir effrayant sur ta vie. Toi et ton sosse, vous en étiez sensiblement au même point dans l’existence. Mais c’est fini, ça. Lui, maintenant, il a vraie une raison de se lever le matin, de réussir sa vie, autre que sa propre gueule. Il est père de famille, il construit…pendant que toi tu traînes.

Toutefois, chez Jooks, en tant qu’adeptes de la fête prolongée le plus longtemps possible, nous te conseillons vivement de traîner encore tant que tu le peux. Parce qu’après, la déglingue c’est fini, et peut-être pour la vie.

Bonne chance !




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