Enfin, elle est dans ton lit. Bravo. Sauf que toi, tu es déchiré et inapte. Et merde.

La vie est parfois joueuse. Cette petite, voilà plusieurs semaines que tu la pistais tel le furet des villes. Et ce soir-là, tu as assuré. Festif en diable, tu lui as fait tourner la tête par ton énergie et ton sens de la fête hors du commun.
Alors elle a accepté de prolonger la nuit avec toi. Magnifique.
Sauf que pour avoir cette patate toute la soirée, tu as bu. Beaucoup bu. Trop bu ? Oui, clairement. Dans ta débauche d’énergie et de moyens financiers, tu t’es laissé aller à quelques tournées de shots et autres mélanges malheureux. Et tu vas le payer.
Déjà dans le taxi, tu n’étais pas au top. Fenêtre grande ouverte alors qu’il caillait dehors, tu cherchais de l’air et un second souffle. Et déjà, on t’entendais bien moins jacter…Bon, tu as mis ce malaise passager sur le compte du trajet en voiture. Pourquoi pas.
Une fois chez elle, ça tourne toujours, la tête. Alors qu’elle te propose une vodka, tu optes plutôt pour un verre d’eau. Elle te fait remarquer à juste titre que tu es très blanc. Tu t’excuses et files rapidement à la salle de bain. Il n’est pas question (encore) d’y vomir mais juste de se passer un peu d’eau sur le visage, rapidement. Ça fait du bien : malgré la simplicité de cette technique, tous les bourrachos confirmeront qu’elle fonctionne. Requinqué, te voilà de retour aux affaires.
Sans perdre de temps, clac clac, te voilà sur le lit avec elle. C’est bon, elle est à point et tu vas lui montrer de quel bois tu te chauffes.
Sauf que dès que ça s’intensifie un peu, ça te reprend. Les hélicos qui tournent dès que tu fermes les yeux. Les sueurs froides. Le manque d’air. Fuck. Tu es baisé, mon grand.
Seul chez toi, c’est le stade où tu te fouts deux doigts dans la gorge et on en parle plus. Mais là, que faire ?
Objectivement tu n’es pas capable de baiser cette meuf. Tu risques de vomir sur elle à tout moment, tu le sais bien. En plus, tu n’en a même plus envie. Tu es mal, tu voudrais t’allonger seul en position fœtale comme un miskin tremblant. Quel fiasco.
Tu t’es privé d’une partie de sexe qualitative pour quoi, deux verres de trop ? C’est moche.
Alors évidemment, il reste l’option de ne pas lâcher l’affaire, et d’aller gerber dans les chiottes de la meuf, sans s’en cacher. Assez trash et vraiment honteux, mais ça peut passer. Cela va bien prendre quinze minutes, cette affaire, et quand tu reviendras il n’est pas sûr du tout que la meuf soit encore opé.
Mais bon, ça se tente, surtout si tu sens que sinon, tu ne reverras jamais cette personne.
Par contre, si tu la kiffes un peu, la meilleure option reste la dignité. « Désolé je me sens pas bien, je dois rentrer. » Un peu sec, mais largement compréhensible par une meuf normale.

Allez, bonne chance.




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