Trop PTDR. Ou pas.

Vous n’avez hélas pas pu y échapper. Depuis une petite dizaine d’années, ces comiques autonomes pullulent sur le web et les réseaux sociaux.
Ils sont censés être drôles, frais, modernes : on les appelle les youtubers. Les médias les plus ringards aiment à les présenter comme les « nouvelles stars du web » et comme désormais « incontournables ». Tutos rigolos, monologues survitaminés, jokes en rafale, tout est possible, et ce ne sont pas les agités du bocal qui manquent. Avec eux, tout est un gag. Changer une ampoule ou manger de la salade, ce sont des sketchs potentiels. C’est la surenchère permanente, inhérente au support certes, où chacun y va de sa petite singularité pour se distinguer mais où personne n’émerge.
Car on ne va pas tourner autour du pot, c’est à chier.
Toute personne d’intelligence normale sera forcement insupporté par ces zouaves au bout de 15 secondes.
En fait, soyons honnêtes, ce n’est pas vraiment que c’est nul, c’est juste que c’est pour les petits. Les 12-18.
Car normalement, passé cet âge-là, le simple fait de parler très vite ou très fort ne suffit plus pour être considéré comme drôle.
Alors ok. On va nous dire qu’on généralise, que ça a changé, que c’est fini le mec qui fait des vannes dans sa chambre devant sa webcam. Qu’il y a des trucs cools maintenant, bien produits et tout. Rien à battre. C’est de la merde.
Et qu’on ne vienne pas nous parler de leurs nombre de vues ou de followers.
Au Mac Do aussi, il y a du monde, et ce n’est pas pour ça qu’on y mange bien.
Passé un certain âge, c’est un authentique rejet que l’on développe à leur endroit, avec une
envie tenace et sous-jacente de leur foutre une main dans la gueule. On ne sait pas trop pourquoi. Ce n’est pas vraiment de leur faute pourtant. Les gars font ce qu’ils peuvent, tentent des trucs, c’est pas bien méchant.
Non le souci vient de la télé et autres magasines qui s’obstinent à les starifier, et à vouloir les faire apprécier par un public majeur. Un peu comme si une maison de disques s’obstinait à vouloir faire aimer les boyz band aux adultes. C’est hors-propos et assez agaçant. Pourquoi ne pas plutôt les diffuser sur une chaine comme Gulli par exemple ?
Mais non, chaque chaîne veut son youtuber, chaque boîte de prod rêve de sa chaîne youtube à succès, persuadés par des jeunes HEC « cools » qu’ils incarnent le futur de l’humour, du web, de la télé, peut-être même de l’être humain. Il paraîtrait que ces gens-là ramènent plein de fric en pub, et qu’eux–même se gaveraient financièrement. Rien à battre non plus.
Tout ce qu’on constate, c’est que le niveau de l’humour en France a considérablement baissé ces vingt dernières années. Des comédies en salles aux pastilles télé, en passant par les gens qui montent sur scène, c’est faible, très très faible. Dans le désordre par ordre de talent, Anne Roumanoff, les Chevaliers du fiel, Canteloup, Ary Abittan, Mickael Gregorio, Matthieu Madegnan, Franck Dubosc, Dany Boon ou autre Kev Adams n’approuvent sans doute pas, mais c’est ainsi.

La solution toute trouvée pour tenter de renouveler cette scène moribonde était donc de se tourner vers les youtubers.
Des « digital native », des gens qui sont nés avec internet, et qui sont censés en maîtriser les codes et renouveller le genre.
Bah non, c’est raté. C’est mal écrit, mal joué, pas bien.
Tant pis.

Bon allez, mention spéciale quand même au Palma Show, qui sont golris et qui ont quitté le web dès que possible.

Allez, bonne chance.




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