Les magasins sont fermés, tout le monde angoisse un peu, pense au taf du lendemain…Oui, ce jour est badant .
En France, le dimanche, c’est sacré. C’est le jour du seigneur, le jour de congé, le jour des familles, le jour pour faire du sport. Mais il y en a plein qui n’en ont rien à foutre, de ça ! Qui voudraient que le dimanche soit juste comme le samedi, un jour fun. Et pourtant, bof. Il règne dans nos villes françaises une ambiance délétère, un peu hors-temps, pendant ce dernier jour de la semaine.
C’est peut-être dû aux catholiques, qui ont instauré que le dimanche devait être consacré à Dieu. Plutôt relou, comme programme. À 10 h je vais à la messe, à 15 h j’étudie un peu la bible avec les copains, à 18 h je demande pardon pour mes péchés,à 20h une dernière prière, et au lit.
Bon, même si peu appliquent ce pieu programme, force est de constater que les cathos ont réussi à créer une atmosphère pesante le dimanche. Un peu culpabilisante, un peu chelou. Comme si ce jour devait être consacré à des choses différentes, moins mercantiles, plus spirituelles. Par exemple, passer du temps avec sa famille, bouquiner, ne pas sortir. Pour ceux qui restent seuls, bonjour l’angoisse.
C’est peut-être aussi parce qu’on ramasse de sa soirée de la veille. Redescente, gueule de bois, regrets en tout genre, la journée va être longue. Dans la vie il faut toujours payer de ses actes, et c’est maintenant. Et quand le physique est atteint, le moral l’est aussi. Pour peu que la soirée ait été un fiasco sur le plan sexuel, c’est la double peine. Seul dans notre lit à 15h30, le téléphone n’a pas sonné une fois, c’est dur. La solitude, quand on trop chargé la mule, peut être vraiment anxyogène.
Le fait que tout soit fermé est aussi dur à avaler. Sans rentrer dans des considérations politiques, il faut bien avouer que ça fait un peu ville fantôme, tout ça. Il y a bien quelques bars et restos qui proposent des brunchs aux bobos, mais c’est tout. Et c’est peu. On n’a que deux jours pour dépenser l’oseille qu’on a gagné toute la semaine, et l’un des deux est bouclé. Nul.
Enfin, enfin, on bosse le lendemain. La semaine, longue, banale, et probablement dégueulasse, va bientôt commencer. Le compte à rebours est enclenché, avant le retour à la vraie vie. Et ça serre le ventre rien que d’y penser. D’autant que que cette angoisse existe depuis qu’on est scolarisés, elle est ancrée en nous. Alors on se coffre chez soi, on vit sa journée au ralenti, comme pour la faire durer le plus possible…
Voilà pourquoi le dimanche, il ne faut pas rester seul si on est célibataire sans enfants. En couple, c’est le jour idéal pour baiser comme des lapins, mais seul, surtout s’il ne fait pas beau, c’est dangereux.
On traîne chez soi en jogging à regarder Fulham-Newcastle, on mange un yaourt, on rallume un mégot parce que le tabac est fermé… c’est glauque.
Allez, bonne chance !

