Il y a pourtant une règle de base: pas de contact physique, mec.

Souvent, le pénible en question est seul. Dans la soirée, dans la vie, il est très seul.
Mais on ne va pas le plaindre pour autant, car il y a une raison à cela : c’est parce qu’il est relou.
Et là, c’est tombé sur vous.
Quand on n’a pas, ou peu, d’amis, il est de bon ton d’adopter une attitude assez low-profile et cordiale, dans le but de s’en faire quelques uns. Mais lui, non. Lui, il a choisi une autre voie. Il a décidé de forcer le passage. De forcer l’amitié. Et de vous forcer à l’écouter jacter.
Il vous a repéré, et pour une raison que vous ne vous expliquez pas, il a décidé que vous feriez un bon interlocuteur. C’est pourtant mal vous connaître, vous qui n’aviez absolument pas le souhait de vous faire de nouveaux amis masculins ce soir là.
Et pourtant, vous êtes sa nouvelle proie.
Poli, vous lui avez accordé quelques minutes de votre temps, avant de comprendre que vous étiez tombé dans un traquenard.
Vous maudissant d’être aussi inutilement sociable, vous constatez soudain que le malotru a une très mauvaise habitude : non–content de vous assommer de ses théories fumeuses et autres anecdotes sans intérêt, il emploie une méthode absolument détestable : il vous touche.
Sans doute parce qu’il ressent que votre attention n’est pas maximale (et c’est bien normal), il vous tient par le bras, ou vous tape sur l’épaule à répétition, pour ponctuer sa diarrhée verbale. Ce n’est pas supportable, et d’ailleurs, vous n’allez pas le supporter longtemps.
Le problème, on ne va pas se mentir, c’est que ce relou est très souvent défoncé à la coke, ou bourré. Vous le savez parce qu’il transpire, qu’il parle très fort, et beaucoup trop près de votre visage. Et que malgré la faiblesse du propos, il ne cesse de vous demander « Tu vois ce que je veux dire ? ». Euh, oui, c’est…ce que tu dis, non?
Et donc, considérant qu’il est déchiré, vous aurez beau demander à l’atroce personnage de cesser de vous toucher, il l’aura oublié quinze secondes plus tard et recommencera.
C’est l’enfer, c’est un boulet, il faut s’en débarasser à tout prix. Et évidemment, pas moyen d’en placer une.
Pour cela, deux méthodes. La première, expéditive, partir. Faire fi de toutes bonnes manières, juste tourner les talons, et partir. Il est très possible qu’il se vexe et vous insulte, et alors ? Au moins, il n’y reviendra plus, et s’il y revient de manière agressive, vous serez totalement en droit de le sanctionner physiquement.
La seconde méthode, bien plus drôle, consiste à le refiler à un ami. Très innocemment, invitez un pote à écouter « cette histoire de fou », et éclipsez-vous discrètement, en faisant semblant de recevoir un appel, par exemple.

Vous prendrez alors un grand plaisir à observer de loin, seul ou accompagné, le visage de cet ami se décomposer peu à peu, en comprenant la galère dans laquelle vous l’avez fourré !

Allez, bonne chance.




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