Attention, danger.

Tous les jours, comme tout le monde, elle part charbonner.
Mais depuis peu elle évoque régulièrement, et avec un peu trop d’enthousiasme, un de ses nouveaux collègues de travail.
Qui se trouve être de type jeune et masculin.
Tant qu’elle parlait de ses collègues meufs, vous faisiez plus ou moins semblant d’écouter ses petites histoires quotidiennes, distillant de temps en temps un avis qui n’engage à rien, parce qu’au fond vous n’en avez rien à branler que Sophie de la compta lui ai mal répondu ou que la nouvelle stagiaire se croit déjà arrivée on ne sait où.

Mais avec l’arrivée de ce nouvel employé modèle, vous tendez un peu plus l’oreille.

A l’entendre, le gars est trop sympa, n’arrête pas de déconner, ça fait du bien dans la vie les gens solaires, ah ah qu’est ce qu’on se marre.
Mais putain il sort d’où celui-là ?
Il faut s’y résoudre : il y a danger. On ne vous la fait pas.
Toute la journée, le mec discute avec votre meuf, peinard, de tout et de rien, pendant que vous vous êtes ailleurs. Et à l’entendre, elle semble prendre plaisir à ces échanges, qui ont rapidement dépassé le cadre strictement professionnel.
Et ça, c’est non.
Evidemment, vous commencez à vous agacer légèrement, d’autant qu’elle ne tarit pas d’éloges et d’anecdotes supposées marrantes à son sujet. Le gars a dit ça, a fait ça, s’est pointé sapé comme ça, a eu ça comme idée etc.. mais ça suffit bordel!
Si on relativise, c’est assez normal : on se fait chier au burlingue, et tout ce qui n’est pas totalement chiant a vite l’air génial.
Mais on ne relativise pas.
Votre intérêt à vous, c’est que tout reste chiant là-bas, et que ce qui soit génial, c’est quand elle vous retrouve le soir.
Elle a vite constaté votre méfiance, qu’elle sait justifiée, alors elle a tout de suite chercher à désamorcer le truc, façon : « Julien ? Mais il est maqué depuis des lustres ! ». « Thomas? Mais il est pédé! ». « Benoit? Mais arrête, il va être papa ! », etc…
Le tout affirmé sur un ton en mode « Tu n’as vraiment rien à craindre » qui sonne assez faux.
Rien à craindre?
Mon cul, ouais.
Une légère investigation s’impose.
A quoi ressemble cet enfoiré ?
S’il est effectivement cheum, bon, ça rassure.
On n’en est pas encore à flipper des mecs pas beaux et rigolos, sinon on ne s’en sort plus.
Mais si le gars est beau gosse, ou même moyen, c’est pas bon.
Si un jour ça va mal entre vous, et que ce peigne-cul devient son confident, c’est la merde. Il est plus que probable qu’elle finisse par céder à ses avances.
Car il lui en fait, des avances, ne vous faites aucune illusion.
Même si ce n’est pas de la drague, c’est de la drague.
Vous le savez bien car vous même, vous jouez à ce petit jeu avec cette meuf de votre taf qui vous kiffe un peu.
Pour bien faire, il faudrait agir, mais les possibilités sont minces.
Si vous commencez à faire une fixette sur le gus, vous allez peut-être lui mettre dans la tête des idées qu’elle n’avait pas. Ca s’est déjà vu.
Et si vous prends l’envie de « prévenir » le gars, ou même de le menacer, méfiez-vous.
On a vite fait de passer pour un gros con jaloux, à ce jeu-là.
Non, le mieux, c’est d’attendre. De ne rien faire.
Jouez au mec ouvert, sûr de lui, confiant, qui ne voit absolument pas le mal à ce que sa go fréquente des hétéros sympas sans lui.
En gros, faites confiance à votre meuf.
C’est vrai, c’est dur, mais bon vous êtes bloqués.
En espérant que le gars va finir par s’avérer être un gros con et qu’il la saoule rapidement avec ses pitreries, ce qui est probable.

Par contre, si ce mec super cool s’avère être son patron… c’est encore une autre histoire.

Allez, bonne chance.




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