Ou comment de bonnes intentions font souvent bien plus chier que plaisir.

Nombreux sont les gens qui n’aiment pas fêter leur anniversaire. Pour des raisons diverses, parce que ça leur rappelle qu’ils vieillissent, parce qu’ils n’aiment pas être le centre du truc, ils n’aiment pas ça. Ils en ont bien le droit, après tout. Bon, souvent ils font une exception quand même pour les chiffres ronds (20, 30, 40 ans), histoire de marquer le coup, mais ça les saoule.
Et le pire coup qu’on puisse te faire si tu fais partie de cette catégorie de gens, c’est de t’organiser un de ces fameux anniversaires-surprise. Souvent concocté par ta copine du moment qui, pleine de bonne volonté, croyait vraiment te faire plaisir, le truc peut très vite confiner au supplice.
Déjà, c’est presque toujours grillé. Quelqu’un a fait une gaffe et a vendu la mèche, tu as croisé un pauvre connard en bas qui n’avait pas le code, ou tout simplement l’intuition (et oui car évidemment le jour de ton anniversaire-surprise, personne ne te le souhaite, ce qui est quand même très louche), c’est toujours foiré. En plus, cette copine qui organise a toujours une excuse bidon, un truc absurde et peu crédible pour que tu te pointes au bon endroit au bon moment. Donc, tu savais. Le nombre d’anniversaires-surprise constituant effectivement une surprise ne doit pas excéder les 10 %. Et comme tu savais, mais que tu ne veux pas plomber l’ambiance, tu dois jouer la comédie, feindre l’étonnement ainsi que le bonheur. C’est oppressant comme situation. Sans compter tous les gens qui viennent te voir après en te disant : « Non mais avoue, tu te doutais de quelque chose ?- Non, je te jure, trop pas ! » L’angoisse.
Et ce procédé n’est pas seulement chiant pour le fêté mais aussi pour les invités. Soumis à un pression d’enfer pour arriver à l’avance et ne pas tout faire foirer (cf le connard en bas qui n’avait pas le code), les voilà tous réunis autour d’un buffet dans un mauvais salon, pendant des plombes, sujets à la vague tension de l’arrivée de la personne. Et que ça chuchote : « il arrive, il arrive »…Mais putain, pourquoi doit-on prendre part à cette mascarade insupportable et anxyogène ?
Autre souci, le casting. Cette copine qui organise, que sait-elle des gens que vous avez envie de voir à votre birthday et de ceux dont, au contraire, vous ne voulez surtout pas voir la gueule ? Pas grand chose finalement. Dans le meilleur des cas, elle se renseigne auprès de votre meilleur pote, dans le pire des cas elle improvise. Et voilà comment vous débarquez dans une pièce où se côtoient 3 de vos ex, 2 de vos dealers, vos cousins, des collègues du taf… Autant de gens que vous ne vouliez surtout pas mélanger et qui se retrouvent assemblés par la disgrâce d’une vraie fausse bonne idée.

Et souvent, qui dit anniversaire surprise dit « cadeau commun ». Un scooter, un iPhone, un voyage, autant de choses soi-disant fat qui ont bien peu de chances de finir un jour entre vos mains si l’on compte sur la générosité des gens présents. Et c’est bien normal! Qu’il est désagréable de se voir réclamer de l’argent pour un de ces trucs énormes plutôt que de choisir soi-même le cadeau que l’on offre. « Je pense que pour ses 30 ans, Mathieu aimerait beaucoup passer un week-end à New-York, il n’y a pas été depuis des années et en parle souvent. » Mais moi aussi, conasse, j’aimerai bien aller à New-York, qu’est-ce que tu crois ? Qu’est-ce que c’est que ces histoires? Tout ça n’est que source d’embrouilles finalement, puisque la somme nécessaire au projet n’est presque jamais atteinte, et que la personne censée la réunir s’énerve de peur d’en être de sa poche au final…
Définitivement, rien ne vaut de se coller une bonne race entre potes, choisis pour leur capacité à ne pas vous faire chier avec leurs idées merdiques.
Bonne chance!




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