Comme avec n’importe quel prestataire de services, il y a les bons et les mauvais. Comment choisir le sien ?

D’abord, il y a la façon de communiquer. Beaucoup de dealers sont totalement paranoïaques, et ont probablement raison. Mais vous, en tant que simple consommateur qui cherche seulement de quoi méfu, ça peut vous emmener un peu loin.
Déjà, interdiction de parler au téléphone. On bosse par SMS. Les écoutes, c’est le cauchemar du dealer. Et même par texto, on a souvent l’obligation de s’exprimer dans un langage codé inventé par ses soins. Compréhensif, on tente d’être fluide, de ne pas le crisper, mais bon…on a quand même des demandes précises à lui faire passer au gars, alors c’est poussif. « Salut Moussa, est-ce que tu pourrais me faire écouter 3 CD de rock et 2 CD de reggae stp ? Et le morceau de techno de l’autre fois était pas mal aussi, je me referais bien une petite écoute ce week-end ! Bises. » Chelou. Sans compter ceux qui ne veulent même pas savoir de quoi il s’agit. On se donne RDV (« T opé ? »), et on voit après. C’est chiant, et souvent déceptif.

Il y aussi le dealer qui n’assume pas. Il fourgue, mais c’est provisoire. Bientôt, il va te dire que c’est pour payer ses études qu’il fait çà. Mais moi je me fous de tes états d’âme, mon vieux, je ne te jugerai pas, rassure-toi. Mais vite, sort le matos, par contre.

Pénible aussi, ce dealer qui veut faire copain-copain. Il squatte. Il ne part plus. C’est l’enfer. Tu es avec des potes, vous avez besoin d’un truc, alors vous l’appelez. Mais lui il semble croire que c’est LUI que vous vouliez voir : il se pose, fait goûter les choses, s’en roule un, boit un verre, discute. Mais WTF. On ne cherche pas un pote, ducon, on veut ce que tu as dans les poches, barre-toi ! A contrario, le bon dealer est celui qui est toujours pressé, occupé, qui n’enlève même pas son casque de scooter. La tractation s’effectue en quelques secondes, c’est propre et agréable.

Que dire du dealer tellement caillera que tu n’oses pas communiquer avec lui ? Les prix, la qualité, l’heure à laquelle il va venir, c’est lui qui décide tout. Tu as l’impression qu’il va t’en coller une si tu as le malheur de trouver çà un peu mal servi. Excédé, il t’assène des vérités (« ouech, t’es sérieux ou quoi, hey c’est çà les tarots de la keskon maintenant mon frère ») qui te laissent perplexe mais que tu n’oses pas contredire.

Enfin, enfin, et c’est vraiment le spécimen à éviter, le dealer à bloc. Bourré de coke pour supporter sa vie, il est à nerveux, agressif, car il sent qu’il va bientôt passer par la case prison. C’est à cause de mecs comme lui, que vous avez été convoqué au comissariat parce que vous apparaissiez sur un listing téléphonique. Il est en fin de parcours, et il vous faut l’éviter à tout prix.

Bonne chance !




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