Drôle, ferme, intransigeant, protecteur…Si Mélenchon nous fait tant kiffer, est-ce parce que nos pères sont des minables ?
A l’instar d’Omar Sy ou de la chemise en jean, Jean-Luc Mélenchon est à la mode. C’est pour le moins étonnant, s’agissant de celui dont on oublie parfois qu’il reste le candidat du parti communiste. Ses « fans » les plus récents n’approuvent pas forcément son programme, quand ils le connaissent, mais trouvent en lui quelque chose en plus. Mais quoi ?
Sa franchise? Pas évident, vu la radicalité et la quasi-infaisabilité des mesures annoncées. Mais pas impossible. JLM est un peu comme un braqueur qui rentrerait dans une banque en annonçant aux otages qu’il les liquidera, quoi qu’il arrive. Avec lui, pas de « si tout se passe bien, personne ne sera blessé ». Il l’a répété, à Lille comme à Clermont: « I am dangerous ». Ceci posé, ne soyons pas dupe : si Mélenchon peut se permettre d’aller aussi loin, c’est aussi parce qu’il sait qu’il ne sera pas président. Pas cette fois, en tout cas.
Sa propension naturelle à moucher les journalistes ? Probable. Qu’il est plaisant de l’entendre lancer sèchement : « Laissez-moi finir, Bourdin ! », plutôt que de gémir un mièvre : « Ecoutez Monsieur Bourdin, vous m’avez posé une question, permettez-moi avant tout d’y répondre ». Ce mec n’a peur de personne, et surtout pas de la Machine. Il insulte, il rectifie, il se fait sa place, il est viril, décidé, c’est vraiment beau à voir. Parfois, comme avec l’économiste François Lenglet, ça vire un peu à la parano, mais bon, on lui pardonne.
Ensuite, il est drôle. S’il fait régulièrement preuve d’un sens douteux de la courtoisie, son esprit est vraiment vif et caustique. Et dans une campagne aussi déprimante, où chacun fait bien attention à ne surtout pas déraper, ça fait un bien fou. Il n’y a qu’à écouter ses prises de position « poil à gratter » sur le Tibet Libre ou le groupe Justice, c’est hilarant.
Parce qu’il est l’antidote idéal contre la nausée que provoquent les défaites à répétition du PS ? C’est une hypothèse, tant le Parti socialiste des années 2000 a prouvé qu’il était une formidable machine à perdre. On ne sait pas ce qui va se passer dimanche, mais après 17 ans de présidence de droite, les gens sont à bout avec ce parti. Mélenchon, à peine outsider, n’a rien à perdre. On le soutient le cœur léger, sans l’angoisse de se payer une fois encore la honte.
Vraiment, il est le père que l’on a jamais eu. Ne serait-ce que de penser avoir autant raison avec des idées aussi vintage, ça veut tout dire. Cela ne vous rappelle pas un peu votre propre daron, quand il vous assure qu’avec sa science du twist, son pantalon trop court et sa Motobécane chromée il emballait tout ce qui passait ? Et que d’ailleurs vous devriez en prendre de la graine ? Non ? Vraiment ? Dont acte. Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes.

