GQ prétend être un magazine pour les hommes. Et bien, ça donnerait presque envie d’être une femme.
Si vous vous déplacez en ville, vous aurez peut-être aperçu, affichée, la nouvelle couverture du magazine GQ. Une étonnante promesse y est faite : le support se propose de vous faire devenir « cool, drôle et stylé ». Rien de moins. Outre le niveau journalistique du projet et l’extrême faiblesse lexicale de leur accroche, que nous passerons sous silence, on peut légitimement s’interroger sur la démarche de ce magazine. Pour ceux qui ne connaissent pas, GQ est un peu l’équivalent papier du Grand Journal en télé. Un espèce de mélange entre le beauf et le branché, entre le second degré et le degré zéro. On y développe la même aptitude à prendre les gens pour des moutons, ou pour des cons, au choix. Pour revenir à cette couverture, pourquoi ne pas carrément proposer au lecteur potentiel de devenir jeune, beau gosse, et d’avoir une grosse bite ? L’escroquerie serait sensiblement du même acabit. On s’est souvent plaint de la grande démagogie et du simplisme de la presse féminine, qui pratique depuis des années la culpabilisation et l’uniformisation à outrance. A grand renfort d’injonctions formulées à l’impératif (« Maigrissez en 3 semaines! », « Rendez votre homme fou d’amour ! », « Lookez-vous pour l’été ! »), ces magazines provoquent les femmes sur des thèmes qui leurs sont chers, et souvent douloureux : leur poids, les relations amoureuses, leur garde-robe.
GQ tente aujourd’hui d’appliquer ces recettes sur un public masculin, en cherchant à le titiller sur ses nouvelles angoisses supposées. Être chiant, pas cool, mal fringué, invisible, sans charisme, voilà ce qui devrait être, selon eux, la pire des choses au monde pour un mâle. Comme si la vie n’était qu’un immense casting sauvage, où seuls les acteurs les plus funs et les plus branchés auraient une chance de s’en sortir.
Et justement. Non contents de vouloir nous transformer en machines à blagues métro-sexuelles, deux « experts » ont été dénichés pour nous aider à y parvenir : Jamel Debbouze et Alain Chabat. Mais WTF. Si ces gars-là sont drôles, cools et stylés, alors merde. Il y a fort à parier que les deux acteurs, en pleine promo pour le film Marsupilami, n’y sont pour rien dans cette mise en scène pathétique, mais quand même…le Marsupilami, quoi ! Non, clairement, GQ ne comprend rien aux hommes.

