Cet homme vous a bousculé. Puis il vous a insulté. Clairement, il veut en découdre. Problème : il a plus de 70 ans.
Que faire ?

C’est un phénomène nouveau, une conséquence inattendue de l’augmentation de l’espérance de vie. Désormais, certains vieux sont tellement en forme qu’ils sont chauds pour se battre. On croît rêver, et pourtant non. Certains papis, forts d’une vie saine et sportive, se considèrent encore capable de rivaliser avec n’importe qui dans une rixe de rue. Et ainsi, se permettent tout : insultes, menaces…Que faire lorsque l’on tombe sur un de ces spécimens ? Peut-on décemment frapper un vieillard ? Il est probable que l’aspect politiquement très incorrect de cette démarche pousse ces vieux salauds à en rajouter. Consciemment ou pas, ils se doutent bien qu’on ne les tapera pas. Car à ce jeu-là, on perd à tous les coups. Si le vieux vous met une rouste, c’est la honte . Mais si c’est vous qui le corrigez, vous serez probablement lynché par la foule et jeté en prison.
-Vous avez frappé au visage, à plusieurs reprises, un homme de 71 ans.
– Oui mais il m’avait insulté…
Ca ne tient pas. Mais c’est troublant. Car d’ordinaire, c’est la peur qui conditionne l’attitude des vieillards. C’est la base. Conscients qu’ils ne peuvent plus ni courir, ni se défendre, ils la jouent profil bas, en tout cas dans la rue. Alors que là, notre pépé fighter, inconscient du danger, se permet encore de donner son avis sur ce qui le révolte. Comment lui en vouloir, finalement ? Laissez-le donc s’exciter.
Mais s’il me porte un coup, me direz-vous ? Ah là, c’est différent. Vous n’allez pas vous laisser frapper sans réagir, et il a clairement dépassé les bornes. La meilleure solution est sans doute alors celle d’Antoine, 24 ans, chômeur : « C’était au bureau de tabac. Je suis passé devant ce couple de vieux sans m’en rendre compte. Au lieu de me le signaler, le vieux m’a porté un coup sur le dos, comme un coup de masse, avec les deux mains jointes. J’ai halluciné, car le coup était vraiment puissant. Quand je me suis retourné, le vieux était déjà en train d’enlever sa veste ! J’ai alors tenté de jouer sur ses deux faiblesses (présumées) : mauvaise vision et lenteur. J’ai tourné autour de lui en le giflant et en le « jabbant » à toute vitesse. Sans vraiment porter les coups mais en le rendant fou. Au bout d’un moment, il s’est épuisé à essayer de suivre mon rythme, et il a du s’asseoir. Je suis parti sous les insultes de sa femme. »

A.B




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