Crowdfunding: la mendicité 2.0 ?

Tu te fous de ma gueule avec ton projet ?

Bon, on va encore se faire insulter. Mais tant pis, si tel est notre destin.

Alors, pour faire court et rester correct: non, je ne vais pas t’aider à financer ta marque de ponchos 100% bio tissés en cooperative . Pourquoi ? Pour plusieurs raisons: déjà, je ne souhaite pas voir ton projet aboutir. C’est flingué, ton truc. Je le vois, et les gens qui ont refusé de te financer auparavant l’ont bien vu aussi. Et même toi au fond, tu  le sais bien que c’est un peu bancal, ton affaire. Que ça sent quand même très fort la fausse bonne idée de bobo paumé qui cherche un sens à sa vie. Je n’investirai donc pas non plus dans  ton court-métrage « Le robinet parle » ou dans  ton road-trip éco-responsable en Bolivie. Je ne suis pas intéressé, je trouve ça vain et pourri, c’est mon droit.

Ensuite la démarche. La aussi, je dois avouer que ça coince. Je te trouve un peu gonflé de me solliciter, alors que je dois déjà payer Bein Sports, SFR, ma weed, et mon abonnement Playstation Plus. D’autant que moi, je me tape le combo classique, travail chiant/ paie à la fin du mois, alors pourquoi diable irais-je donner mon oseille durement gagnée à des gens qui vont s’enjailler, à mes frais? Ca ne tient pas. C’est un peu le principe des « cadeaux communs » pour les anniversaires: 2 mois avant l’event, tu reçois un mail enjoué de la meuf du gars, qui t’explique que « depuis des années, Clément rêve d’un séjour à New York ou d’un Vespa ». Ah. Comment dire? Mais… moi aussi, connasse. C’est quoi ça? Il n’a qu’à charbonner comme tout le monde, le Clément. Et je viendrai avec des bières à son anniversaire, ça ira très bien. Pour revenir au financement participatif, clairement, si il me reste quelque chose, je préfère les filer à un mec qui dort dehors qu’à un branlos qui chine des culs au Canal St Martin en leur parlant de ses grands projets.

On assiste à un léger dérapage, la. Quand ça a commencé, cette mode du « financement participatif », ça avait un peu de sens. Soit c’était pour des démarches artistiques (genre Mymajor Company, où tu n’étais pas à l’abri d’un carton ), soit militante, soit caritative.

Mais là, c’est vraiment devenu de la mendicité 2.0. De la mendicité, mais bien habillée, en hipster idéaliste. Un truc de fumistes, qui sous couvert d’une idée qu’ils estiment fédératrice, se disent surtout qu’il y aurait peut-être moyen de gratter à droite à gauche sans trop se crever. Et le pire c’est que ça marche! Incroyable mais vrai, ils trouvent vraiment des gogos qui mettent un billet, en échange d’un pin’s ou d’un tee-shirt. C’est fabuleux. Qui donne? C’est quand même un grand mystère irrésolu, au même titre que « qui regarde du foot féminin » ou « qui invente les blagues ».

Sans doute des gens hyper bon esprit, toujours partants pour « donner un petit coup de pouce à un jeune qui en veut ».

Putain.

Allez, bonne chance.

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