PÉNIBLE: CES GENS QUI VEULENT TE MONTRER UN TRUC SUR YOUTUBE

Quoi tu l’as pas vue, celle du chien qui joue de la guitare ?

C’était sympa ce dîner. On a mangé, on a bu, on a ri . Désormais repassés au salon, on re-boit un coup, on roule quelques joints, et on commence à se demander ce qu’on va faire après… bref la vie est belle et la nuit pleine de promesses.
Sauf que c’est toujours à ce moment-la qu’un mec s’empare d’un ordi qui traîne, l’air de rien, et commence à projeter une de ses fameuses « perles du web ». Au début personne ne calcule trop, mais au bout d’un moment, quelqu’un s’y intéresse, et c’est le début de la fin.
Ce mec, qui fait ça à chaque fois, est un enculé. Un authentique baiseur d’ambiance.

Lui il s’en branle, c’est un geek avec un vrai boulot, et il n’a jamais eu la moindre intention de sortir après.
Alors il apporte sa mauvaise pierre à l’édifice déjà bancal de cette manière : en imposant aux autres ses dernières trouvailles Youtube. Comme il est de rigueur sur la toile, ça peut être tout et n’importe quoi. D’une cover de Daft Punk par des chats déguisés à une fiotte qui répète « Allez viens » ou « Appelez les hendeks », tout est possible, mais la démarche est toujours regrettable. Parce qu’on se prend au jeu, à ces conneries. Très vite, chacun y va de sa dernière pépite du moment, généralement ponctuée par des « Oooh mais c’est vieux, ça ! », ou même parfois par d’authentiques rires. Parce qu’évidemment qu’il y a des trucs marrants. Mais ça se mate solo, peinard, pas en société. C’est exactement comme si quelqu’un avait allumé la télé. C’est anxyogène et assommant. D’ailleurs, très vite, tout le monde se met déprimer, peu à peu. Les choix sont de moins en moins pointus, et le spectacle de moins en moins frais.Quand on en arrive à mettre une vieille Petite annonce d’Élie , c’est généralement le signal qu’on a fait le tour pour ce soir. D’ailleurs, ça s’endort sur les canapés, les joints sont finis, les rires de plus en plus rares. Et ça y est, c’est mort. Les gens partent,un peu sonnés. Groggys.
Le mec qui a initié ce processus d’abrutissement collectif s’en va, lui aussi. Demain, il recevra sûrement au bureau de nouvelles petites merveilles d’humour potache par son collègue le plus fendard, qu’il postera sur Facebook entre deux tweets piquants sur l’actu. Ou qu’il se gardera pour plus tard.

Un conseil, ne l’invitez plus. Si possible, d’ailleurs ne le fréquentez plus qu’en tête à tête.

Au fait, il est possible que l’on vous ai déjà fait ce coup là un soir,  pour vous faire lire Jooks. S’en est alors probablement suivi une sorte de très mauvaise lecture collective, qui a pu plomber l’ambiance. Nous nous en excusons.

Bonne chance!