CONTENU SPONSO, BRAND CONTENT : L’ENFER DE LA PUB DÉGUISÉE

Contenu non sponsorisé.

Si vous avez utilisé internet ces cinq dernières années, vous avez difficilement pu y échapper. On parle bien ici du brand content, la grosse tendance marketing du moment. En français, du contenu de marque. Pour faire court, ce sont tous ces trucs sur internet qui essaient d’être cools mais qui ne le sont pas, parce que ce sont des marques qui ont payées derrière. 

Alors ça prend différentes formes, il y a pas mal de vidéos, d’articles, de plateformes, de partenariats avec des youtubers ou avec des médias. Mais dans tous les cas, c’est le même mécanisme: la marque a filé de l’oseille à quelqu’un pour qu’il lui fasse un truc qui n’ait SURTOUT pas l’air d’être une pub.
On a bien ici affaire au fils putatif du bon vieux publi-reportage.

Un peu comme si Jooks se mettait à chier au calme des articles comme : « Les mecs qui boivent du Tropico ont-ils tout compris? » ou « Trop stylé : quand on t’offre des Air Max 360″. Lol.

Il s’agirait pourtant ici de « communiquer intelligemment », de « véhiculer des valeurs » en proposant du « contenu engageant ». Dans les faits, il s’agit de singer ou de se greffer sur quiconque possède une communauté potentiellement captive. En soi, la démarche intellectuelle est déjà limite.
Et le résultat, au mieux parfaitement inintéressant, le plus souvent franchement gênant.  

Car inlassablement, ces productions sponsorisées, brandées, natives, sont mauvaises. C’est naze, et ça sonne faux. Pas une seule qui n’effleure en intérêt un contenu « normal ». Allez, si on est honnête on peut dire que Redbull y est presque arrivé avec ses délires de sports extrêmes. Tout le reste pue le faux, la copie paresseuse et clairement démago.
En suivant le brief de mauvais créas redondants, les marques s’échinent à surfer maladroitement sur les tendances du moment, en évoquant des sujets ou en adoptant des esthétiques supposés plaire aux jeunes d’aujourd’hui.
Le tout se transformant alors en un flot pathétique de récupérations diverses et malvenues…

Et l’internaute-consommateur ne s’y trompe pas.

Il s’est habitué, flaire l’arnaque à dix bornes, et ne clique pas sur ces « choses ». Il les déteste même, car elles sont foncièrement malhonnêtes. Lisez les commentaires sous les contenus sponsorisés : il est excédé par cette soupe inodore et sans saveur. Et qui imite sans vergogne ses supposés centres d’interêt. Il a vraiment l’impression qu’on le prend pour un débile, comme un mec de cité devant lequel tu mettrais ta casquette a l’envers en criant « wesh wesh » en espérant lui vendre un truc.

C’est à la fois grotesque et insultant.
C’est déjà désagréable de se faire prendre pour un con, mais si en plus c’est mal fait c’est doublement vexant.

La vérité, c’est que les marques sont paumées sur le net. Elles ne savent pas comment y communiquer, comment s’y rendre désirables. Alors depuis dix ans, elles se prennent une pilule géante par des agences, qui leur expliquent que c’est ça qu’il faut faire: du contenu engageant, esthétisant, humoristique, concernant…bref qui ressemble à du vrai contenu. Celui qui a fédéré parce qu’il était bien, tout simplement.
Mais pourquoi insistent-elles à ce point là alors que le procédé a prouvé son inefficacité ? Tout simplement parce que sont elles qui vont le produire, ce contenu ! Et le facturer plein pot à la marque, selon des barèmes de prix extrêmement flous, souvent à la gueule du client, ou plutôt du logo.
On ne compte plus les structures qui vivent uniquement sur le brand content, proposant systématiquement la même choses aux annonceurs. Et qui poussent même pour des trucs toujours plus gros, toujours plus sophistiqués, puisque plus la prod est grosse plus ils se margent. Malin. Et si personne ne va voir le truc ? Ça, le client va s’en apercevoir? Pas de soucis, puisqu’elles lui facturent également de l’acquisition de traffic, une façon de gonfler artificiellement les vues du projet ou les likes sur une page. Ah bah bravo.
En gros, ça tourne en vase clos et vu que personne n’a rien inventé de mieux, on vend ça comme « le futur de la publicité ». Foutaises.

Il y a des raison objectives pour lesquelles ces contenus sont fades et ratés.
La marque qui paie veut un truc cool, certes, mais  pas se mettre en danger non plus. Tout doit être aseptisé, bon esprit, premier degré. Aucune place ici pour la trilogie sex-violence-humour noir qui plaît tant sur les réseaux. Dans ces conditions le résultat ne peut être que lisse. Et chiant, donc. 

Tout en visant un public qui les conchie par essence et par réflexe.
Bref, c’est pas gagné, et ça ne gagnera pas.
Alors arrêtez, s’il vous plait.

Bonne chance !

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