Le Made in France, cette grande bouffonnerie

Par ici les boloss !

Quiconque évolue dans la société de consommation aura pu constater que depuis quelques années, de plus en plus de marques misent sur l’argument commercial « fabriqué en France » pour fourguer leur came plus chère et plus facilement.

Bon alors, on n’est pas chez Elise Lucet ici, on n’a pas mené l’enquête. Ce qui ne nous empêchera certainement pas de clamer haut et fort que c’est de la grosse merde, tout ça. Et même une vaste escroquerie morale et commerciale, qui joue sur des ressorts assez nauséabonds.

Ça tout le monde le sait, les escroqueries au « made in France » se multiplient de façon spectaculaire ces derniers temps.  Ces gens qui ont des choses à vendre ont capté le bail, et se jettent dedans avec toujours moins de scrupules. Généralement ils montent leur bobard en s’appuyant sur une sorte de flou juridique, qui dit que tu peux mettre « fabriqué en France » a partir du moment où 30% du bordel est produit sur place. Donc c’est plus ou moins toujours la même histoire, les matières premières viennent d’ailleurs et sont assemblées ou finalisées chez nous, et puis voilà merde, c’est français et « pis c’est tout ».
Ca marche sur la bouffe, les meubles, les vêtements, les cosmétiques, tout.

Bon et puis il y en a aussi qui se font pas chier et qui mettent « made in France » sur des cageots d’olives espagnoles, nique sa mère.

Avant de jeter la pierre à ces marchands de rêve, qui quelque part auraient tort de se priver, nous préfèrerons d’abord nous interroger sur les consommateurs qui tombent dans ce panneau grotesque. S’il y a une offre, c’est qu’il y a une demande. Particulièrement chez les catégories aisées, à priori les seules à avoir assez de fric pour pratiquer ce type de snobisme à l’achat. Quoique. Pas mal de beaufs se targuent aussi d’acheter français, dans un chauvinisme économique assez pathétique. Donc en fait, les gars se sont tellement fait bourrer le mou sur les méfaits de l’agro-alimentaire mondialisé et le besoin de relancer l’économie du pays, qu’ils acceptent de payer 30 % de plus pour se rassurer ou se donner bonne conscience. Ok.

Mais pourquoi tous ces gens kiffent à ce point le « made in France  » ?
Quel est le levier psychologique qui s’active chez eux, à la vue de cette information de provenance ?
Avec le made in France, tu t’imagines que t’as des petites mains d’artisans passionnés qui « travaillent le produit » avec amour ?
Ca t’évoque des matières nobles, des beaux produits, un terroir généreux, des petits producteurs courageux, des circuits-courts, de la traçabilité.
Ca t’évoque un savoir-faire inimitable, une précision du geste, une finition impeccable, une garantie à vie.
Ca t’évoque un couteau Laguiole, un camembert, une marinière, du pinard, un beau meuble en chêne…

La vérité c’est pourtant qu’on est bien souvent dans le même genre de process  industrialisé dégueulasse que si le truc venait du Bengladesh.
Juste pour rappel , l’entreprise Spanghero qui vendait de la viande de cheval à Findus pour ses steaks hachés était française. Tout comme Lactalis, qui a empoisonné les bébés à la salmonelle. Français, aussi. Tout comme ce gars qui vendait des bouteilles de Chateauneuf du Pape avec de la piquette dedans. French Touch again.

Après, on peut aussi avoir une approche plus universaliste du sujet.
Fondamentalement, qu’est ce que j’en ai à foutre que ça soit un patron bulgare, sri-lankais ou français qui s’enrichisse ? Est-on vraiment tenu à la solidarité économique ? C’est un peu comme quand on nous dit que « c’est bon pour le tourisme ». Mais moi je travaille pas dans le tourisme. Ais-je vraiment  besoin ou envie que des escrocs de restaurateurs ou hôteliers arnaquent des touristes de passage, en leur parlant comme de la merde tout en se remplissant les poches de black? La question se pose.

Et si on veut faire encore plus chier le monde, en poussant un peu, on peut également déceler un certain chauvinisme, voir racisme dans la démarche. Selon quels critères établis et objectifs, ce qui serait fabriqué en France serait mieux, de meilleure qualité, plus fiable ? Aucun. Si ce n’est une sorte de mentalité vaguement rance et ringarde, en mode « c’est de chez nous ça monsieur ! », façon le slop français.

Toute cette carotte semble avoir pris de l’ampleur avec la contrefaçon. Alors que les marques françaises s’en plaignent beaucoup, elles ont tort : toutes ces chinoiseries mal faites ont contribué à faire rentrer dans l’imaginaire collectif l’idée que si c’est bien français, c’est que c’est « luxe ». Lol.

On parle aujourd’hui du Made in France , mais on pourrait évoquer bien d’autres marronniers commerciaux actuels, basés sur différents supposés bons sentiments ou bonnes pratiques. La solidarité, l’écologie sont devenus de vrais fonds commerces pour des marques au cynisme rare. Et vas-y pas que ça part en marque éco-responsable, en commerce éthique, en commerce équitable … bande d’enculés, va.

Allez, bonne chance.

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