LES GENS QUI PUENT DE LA GUEULE LE SAVENT-ILS?

Si oui, c’est grave.

On a tous connu quelqu’un qui puait du bec de façon récurrente. Pour les moins veinards d’entre nous, ce dérangement se conjugue même au présent : ami, collègue, entourage familial ou pire encore conjoint, nous sommes nombreux à devoir, hélas, nous coltiner régulièrement un de ces sinistres individus qu’on qualifiera pudiquement de « bouches d’égout ».
Attention, on pue tous de la gueule, à un moment donné. Au réveil bien sûr, mais aussi après un verre de jus d’orange à jeun, ou pourquoi pas suite à un renvoi d’œuf dur mal digéré. Mais pas de souci, à priori, car l’être humain normal s’en rend compte de lui-même ! Et ainsi de soigner ce petit désagrément à l’aide d’une pastille, d’un brossage ou d’un chewing-gum, voire même d’une clope, et le tour est joué. D’ailleurs, pour 95% de la population occidentale, cela relève d’une vraie peur, et donc d’une vraie volonté, de ne pas puer de la gueule.
Et rien de plus normal, on est pas au moyen-âge non plus.

Mais chez certains, ça coince. Ils n’y arrivent pas. La personne a un animal en décomposition dans l’estomac. Elle vous parle, et boum, vous êtes chopés au visage. Une puanteur, tout simplement, l’enfer.
On va très vite vous dire que ce n’est pas de leur faute, qu’ils ont une hygiène dentaire pourtant irréprochable, que c’est un problème de ventre, pas de bouche. Mais je m’en fouts, bordel. Ça pue la mort quands ils parlent, c’est tout ce que je sais. Où plutôt que je sens. Alors que seuls deux de mes sens devraient être sollicités, voilà qu’un troisième est soudain concerné, et de façon pour le moins brutale. C’est non. Et le gars est là, il continue à jacter, peinard, et toi tu cherches un angle pour que son souffle chaud et putride ne t’atteigne pas…
C’est tellement violent et si gênant.
Et c’est toujours les mêmes, en plus, il y a des clients.
Mais ce qui n’est pas clair dans cette histoire, c’est que vous et moi, quand on pue de la gueule, on le sent. Tiens j’ai l’haleine un peu chargée, quand je souffle dans ma main ça me le confirme, je vais donc agir au plus vite.
Mais eux, apparement, non. Pas au courant, les mecs. Étrange, quand même. Le test est facile à faire : prenez ce pote qui fouette du bocal à longueur d’année. Et bien quand vous lui faites remarquer, le gars va tout simplement nier! « Arrête, n’importe quoi, je viens de me laver les dents, t’es relou, etc… » On rêve.
Déjà que je ne suis pas à l’aise de te verbaliser ça, je te sauve la face en société, et je me fais engueuler? C’est comme si je te disais que t’avais des pellicules sur les épaules ou un bouton blanc, et que tu me répondais que non, c’était pas vrai. Euh. Comment dire ? Bah si, ma gueule.

A croire qu’en fait ils ne VEULENT pas admettre que ça leur arrive à eux. Que la malédiction de la gueule qui pue les ai frappé, alors qu’ils voudraient tellement être impeccables, ça ils ne l’acceptent pas. Et de rester dans un déni qui pénalise tout le monde, finalement.

Notre conseil: dans la mesure du possible, signalez-leur quand même. Tant pis. C’est extrêmement vexant, mais certaines choses doivent être dites, dans la vie.

Et si ce n’est pas possible, par exemple si le putois est votre boss ou votre nouvelle meuf, quittez-les immédiatement.

Allez, bonne chance.