RIP: les blagues de cul au taf

« Y’a du monde au balcon ! »

On ne va pas se mentir. Depuis l’affaire Weinstein, depuis #metoo, depuis #balançetonporc, certains gars branchés sur le courant déconne graveleuse rasent les murs. Ils font profil bas, les mecs.
Car oui, l’ambiance s’est sensiblement tendue, les meufs sont remontées à bloc, et le moindre écart, de langage notamment, sera désormais signalé et sanctionné.

Faut-il s’en féliciter ? Dur à dire.

Autant les gars qui coincent les meufs de force dans les coins ou leur pincent le cul (ou claquer le string, comme le génie Baupin) sont clairement des absurdes qui ne respectent pas les règles, et qui méritent donc d’être affichés. Oui, ces règles basiques de séduction, que 95% des coin-coins que nous sommes suivons, parce qu’on n’a pas été éduqués dans l’idée que la femme est uniquement un vide-couille. A savoir draguer, se prendre des râteaux, essayer de séduire…bref, le game basic. Et eux, ils arrivent comme des chiens dans un jeu de quille, viens là ma salope que je te baise. Non, gros. C’est pas ça le bail.

Autant le mec random mais un peu beauf, qui aimait bien en balancer une petite pour faire marrer les copains, mais incapable de faire du mal à une mouche, autant lui c’est dommage qu’il soit muselé. Oui, le gars est sans doute un bourrin masculiniste lourdingue, dur de le nier. Mais bon ce sont des traits de personnalités, pas des délits. Et puis le mec t’égayait un peu ta journée, bordel de merde, avec ses conneries. Bon, tu ne sais pas trop si tu riais de lui ou avec lui, mais au moins tu riais. Quand il avait dit, au passage d’une Patricia de la compta très court-vêtue, que « cet hiver, on aura pas besoin de mettre le chauffage avec une chaudière pareille », c’était bien marrant. Et Patricia étant effectivement une échangiste notoire, finalement assez bien vu. Mais c’est terminé, ça. Depuis que le gros Harvey s’est fait poucave, fini les « La boulangère a de belles miches », ou les « Salut, vous trois », en regardant le décolleté de Nadège la graphiste. Désormais, le gars est éteint, méfiant, sur ses gardes. Presque dépressif. Il a échappé par miracle à une dénonciation publique, ce n’est pas pour se faire gauler maintenant. Alors il ferme sa gueule dans l’open-space, au déjeuner, à la pause clope. Et évidemment, il a perdu toute plus-value conversationnelle, le pauvre. Avant il était con mais sans-gêne, maintenant il est juste con et inutile.

Par contre, c’est enfin la revanche de Bastien, jeune idéaliste de gauche, féministe et sensible. Lui, il trouve ça « dégueulasse » ces histoires de harcèlement, et veut que ça se sache. Il a d’ailleurs décidé de s’adonner à son mea-culpa sur facebook pour avoir été parfois rude avec les femmes. Alors qu’il n’a jamais rien fait de mal, ce boloss. Il va sans dire que ce petit fumier démago fait ça pour baiser plus, c’est évident, mais bon, c’est toujours Jean-Claude qui trinque, parce qu’il incarne un truc un peu rance, qu’on ne veut plus voir dans la France macronisée égalitaire de 2018.

Bon bah, tant pis. Tout change, après tout.
Même si un monde sans outrances, c’est quand même chiant comme la pluie, il va falloir s’adapter.
Et puis on aura toujours le droit de penser dans sa tête, en voyant passer la grande Sylvie, que « ça doit bien tirer, une grande cheminée comme ça. »

 

Allez, bonne chance !

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