ART CONTEMPORAIN : C’EST VRAIMENT DE LA MERDE OU FAUT S’Y CONNAÎTRE ?

Le fameux monochrome de Whiteman

Ah, l’art contemporain. On pourrait penser qu’on a déjà tout dit sur ce business extravagant et souvent raillé. Mais vu l’immense absurdité du truc, finalement pas tant que ça. A titre de comparaison, on taille bien plus les loufoques et autres farfelus de la fashion, qui certes le méritent aussi.  Pourtant, l’art « comptant pour rien » est un des phénomènes les plus improbables de l’ère moderne.

Sérieux  les gars, qu’est ce qui se passe ? Pourquoi tout-est-il aussi cheum? C’est fait exprès ? C’est une blague ? Une caméra cachée, peut-être ? Et les prix, c’est normal ? C’est en yens, c’est pour ça ?

Ce week-end s’achevait à Paris la FIAC, la grande foire annuelle consacrée à la pratique en question. Résolument un incontournable pour bobos esthétisants, où les ¾ des mange-merdes présents le sont uniquement pour s’instagramer et se barrer dans la foulée, mais bon. Les gars sont contents de dire qu’ils sont venus,  ils ont eu l’impression de faire un truc un peu pointu dans le week-end, « c’est cool ». Par contre, on constate qu’ils n’en ont absolument rien à branler des œuvres, devant lesquelles ils passent à toute vitesse, sans trop savoir si cet extincteur est là pour des raisons de sécurité ou artistiques. Et même s’ils sont un peu cons, on ne peut pas vraiment leur jeter la pierre : c’est objectivement à chier.

Déjà ce qui frappe, c’est la disparité du bordel. L’appellation Contemporary Art semble regrouper à peu près tout ce qui s’en réclame, d’un trombone rouillé à une toile géante peinte avec les pieds, en passant par un mec qui dort dans un bocal, ou un plug anal gonflable de six mètres. Comment-se fait-ce ? Comme souvent, un rapide tour sur Wikipédia nous l’explique: L’ « art contemporain » désigne, de façon générale et globale, l’ensemble des œuvres produites depuis 1945 à nos jours, quels qu’en soient le style et la pratique esthétique. Ah ok. En fait, c’est tout, quoi. La catégorisation ne se fait pas par la nature du taf, mais par l’époque où il a été chié. Super. Et après, on s’étonne que les mecs fassent n’importe quoi. Tous ces “artistes” n’ont donc comme point commun que d’être né à notre époque. Pour le reste, c’est porte ouverte. Lâche-toi, frérot, on verra bien. Et comme il n’y a pas de catégorisation par le talent ou les compétences, et qu’il fallait quand même une grille, on a inventé le concept de cote. Le gars est côté, alors ses trucs valent chers. Le gars est inconnu, il fait exactement la même chose, mais non c’est pas bon. Va comprendre. Visiblement, la fameuse cote se définirait beaucoup en fonction de la personnalité de l’artiste, et de sa capacité à se vendre. De son story-telling, quoi: si c’est un héroïnomane new-yorkais ou dissident au régime chinois, c’est mieux.

On l’a dit, pas de cote au talent, noblesse de la démarche oblige. Le problème c’est que ça rend les mecs un peu fainéants, quand même. Je sais pas, gros, t’as décidé d’être artiste professionnel, tu pourrais quand même apprendre à dessiner. Ca parait la moindre des choses. A défaut de nous respecter, fais-le pour toi. Un peu comme ces mecs qui interviewent les sportifs étrangers après les matchs. T’as UN truc à faire, c’est apprendre quelques phrases dans chaque langue. Bah non, les mecs prennent un malin plaisir à baragouiner. Les artistes contemporains, c’est pareil. Les gars dessinent archi-mal des trucs archi-nazes, mais ils s’en tapent, ils savent qu’il y aura toujours des boloss pour trouver ça « hyper fort ». Franchement, ils auraient tort de se priver. Nulle part ailleurs on ne peut se faire autant d’oseille en bossant si peu.

Car les vrais fous, ce ne sont pas eux. C’est leur public. Qu’ils soient simples amateurs ou acheteurs, les gars planent complètement. Ils sont comme hypnotisés. Déjà, si t’as le malheur de trouver ça minable, ils te prennent pour un beauf qui comprend rien. Ah, excuse-nous, Pierre Bergé. Et après s’être extasié sur un bidet rempli de canettes de Pepsi, habile métaphore de la violence de notre société de consommation, ils te balancent l’argument massue: faut se faire expliquer.

Voila. En fait, on ne pourrait pleinement apprécier la démarche que si elle est explicitée. Par qui? L’artiste? Le galeriste? Un critique d’art, peut-être? Mais ferme ta gueule, putain. J’ai compris ce que le mec dénonce. Je la perçois, son ironie. Je vois bien que c’est un rebelle, pour avoir osé faire des moustaches et des oreilles de mickey à Donald Trump. Car, important à savoir, ici on ne cherche pas le beau, bien trop évident. Mais le message. L’idée. Le propos, subversif et avant-gardiste. Et ces gens de se marrer sur des trucs pourris, en s’écriant de préférence que « c’est drôôôôle »….

Bon, après tout, si ils ne savent pas quoi foutre de leur oseille, et qu’ils s’emmerdent au point de s’extasier devant un chien en paille au prix d’une Mercedes, tant pis pour eux.

C’est pas la crise pour tout le monde, visiblement.

Allez, bonne chance .

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